Monday, November 21, 2005

الرجل الثالث

In yesterday's al-Hayat, another great opinion piece by Ghassan Sharbal about the situation in Iraq: lucid and to the point.

Looking at the situation from afar, it seems to me that sunni arabs, being the great losers of the current war, have a very hard time agreeing on the new rules of the political game in Iraq, rules that are dictated by demographics and by the sheer numbers of non-sunni arabs, i.e. of shias and kurds. On the other hand, the shia and the kurds were so oppressed by successive sunni governments (not only by Saddam) in the last 40 years (in fact since the fall of the monarchy in Iraq, the latter having reportedly been more lenient toward them) that they won't trust sunni arabs anymore. The fact is, the situation in Iraq is far more complex than what most arab commentators will dare to admit, and as Ghassan Sharbal is explaining in his essay, it will take a lot of wisdom and of goodwill from all sides in order to achieve some sort of peace in Iraq and avoid the terrible specter of a civil war that has been looming on the country's horizon since the toppling of the Baath regime back in 2003.

6 comments:

Larbi said...

Salam Karim,

Parmi les nombreux drames que vit l’Irak actuellement il y en effet cette introduction de la notion d’ethnie dans la vie politique. D’aucuns diront que c’était attendu vu que l’héritage politique a laissé des séquelles : les sunnites bien que minoritaires monopolisaient le pouvoir … et donc ce n’est que monnaie rendue. Je crains qu’à long terme, quelque soit l’issue de la guerre, les irakiens le paieront chers. Beaucoup de forces seront dispersées dans ce conflit entre les différentes composantes de la société irakiennes et, pourquoi ne pas le dire, le scénario d’une guerre civile n’est pas un fantasme de certains observateurs.
Dans le monde arabe on connaît peu de cas figures identiques. Les pays du moyen orient, plus métissés en général queceux du Maghreb, ont toujours essayé de dépasser ce clivage vie la répression et les manœuvres d’appareil.
Le Liban est à mon sens le seul exemple à méditer. La répartition des pouvoirs selon les ethnies (président chrétien, premier ministre musulman et président du Parlement druze je pense) apaisent un peu les esprits bien qu'on remarque de temps à autre que les prises de positions sont dictées plus par l’appartenance communautaire que par l’intérêt de la nation. Mais n’empêche le Liban a évité le pire. Si cela a relativement marché c’est parce que, au delà des détails techniques de répartition

du pouvoir, aucune composante de la communauté libanaise n’a essayé d’humilier celle qui est minoritaire.
Reste aux irakiens de s’en inspirer et surtout ne pas oublier que les libanais sont arrivé à cette configuration au prix d’une longue et dévastatrice guerre civile.

Karim said...

Si Larbi: Merci pour ton passage. Nhar kbir hada li chefnak hna :)

Je suis bien d'accord avec toi que les clivages sectariens et ethniques que connait l'Iraq actuellement ne sont pas saines. Malheureusement, il parait que la mentalite arabe est loin d'avoir assimile la notion de democratie, et j'ai bien peur que les arabes sunnites n'ont pas encore realise que l'ere ou ils detenaient les rennes en Iraq est bel et bien revolue. Comme le soulignait Dawood Shirian dans un article recent sur les pages d'al-Hayat, l'Iraq est maintenant, de facto, un pays chiite:

وربما يكون الاعتراف بالواقع الجديد أقصر الطرق الى حل المشكلة، وبغير هذا الاعتراف لن تجدي مؤتمرات المصالحة والتوافق. فهناك في العراق من يرى ان دوره حان، وجاء زمانه ، ولا بد ان يعطى وقتاً كافياً حتى يهدأ ويكون قادراً على فهم معنى الديموقراطية والوطنية والوحدة، ومثلما حكم السنة العراق على مدى عقود لا بد من اعطاء الشيعة مرحلة زمنية تكفي لاطفاء مشاعر غضبهم، وشعورهم بالغبن. فهل يعترف العرب بأن العراق الجديد صار شيعياً؟ الاجابة عن هذا السؤال ستحدد مستقبل هذا البلد.

Les arabes sunnites ont besoin de se rendre a cette evidence. Les chiites ont besoin de leur cote de donner des assurances aux sunnites que leur dominance ne sera pas une tyrannie de la majorite legitimee par des apparences de democratie. Dans des conditions pareilles, ou aucune faction n'a confiance dans l'autre, une division des roles selon les lignes sectariennes (comme c'est le cas au Liban) semble etre un mal necessaire, au moins dans une periode transitoire, jusqu'a ce que les cicatrices du passe soient enfin gueries. La, et la seulement, un systeme non sectaire pourrait etre envisage.

Karim said...

Si Larbi:

Je voudrais repondre ici a ton dernier commentaire sur le site de Jawad qui m'etait adresse (vu que c'est la une discussion personnelle, je n'ai pas juge opportun de la continuer la bas).

"« Si une femme est libre, à mon sens, de faire ce qu’elle veut de son corps,.. »
J’ai bien pris la précaution d’ajouter : A MON SENS."

Mon cher Larbi, que tu aies rajoute "a mon sens" dans ton assertion ne change absolument rien a l'affaire. Tu etais peut-etre entrain d'exprimer ton point de vue personnel, mais il se trouve que ce point de vue est bel et bien un point de vue ideologique (tu n'en as peut-etre pas conscience, mais c'est bien de cela qu'il s'agit). Juste dans un esprit de "fairness", il fallait que quelqu'un tire la sonnete d'alarme: car si ton point de vue "liberal" etait passe sous silence, d'autres auraient pu croire que le reste des intervenants etaient d'accord, ce qui est loin d'etre le cas ;)

"Je suis désolé karim mais je ne véhicule aucune idéologie. Ni ici ni ailleurs.
Ton «jugement de valeur » m’attriste Karim. Et je m’arrête là."

Ceci dit, je n'ai emis aucun jugement de valeur sur ta personne. C'est vrai que mon commentaire a ete un peu "direct", mais je n'ai fait que te prendre au mot, ni plus ni moins. Tu n'as peut-etre pas l'habitue de voir tes interlocuteurs faire pareil (cad te prendre au mot), mais crois-moi, j'ai personellement bien plus appris de debats contradictoires avec des attitudes honnetes mais tres directes avec certains de mes amis que je n'ai appris dans des debats complaisants ou tout le monde repete a peu pres la meme chose.

Larbi said...

Karim,
Non j’ai l’habitude que mes interlocuteurs me prennent au mot et me disent mes quatre vérités.
Je voudrais juste te dire en deux mots une chose. Tu te trompes de personne en parlant d’idéologie, libéral, etc etc .
Je fais partie des gens qui n’ont pas des pensées préconcises et qui s’expriment sur les sujets d’actualité sans pré-jugements au cas par cas. C’est vrai on n’a pas l’habitude de voir ce genre de comportement intellectuel, si j’ose dire, et on a l’habitude que seuls les idéologues, les sectaires, les endoctrinés ouvrent leurs gueules et s’expriment. Au point que quand on voit des simples gens le faire on cherche vite fait à les cataloguer et les classer dans une catégorie ou une idéologie.
Ce n’est pas ma conception des choses. Je n’ai pas de camp si ce n’est celui de la liberté et la dignité de chacun d’entre nous.
En écrivant cela je sais que j’arriverais pas à te convaincre.

Karim said...

Mon cher Larbi:

Mais qui a parle de "camp", ou de "cataloguer" qui que ce soit? Remarque que je n'ai jamais dit que tu etais un "liberal", mais seulement qu'une certaine assertion que tu avais faite relevait de l'ideologie liberale, ce qui constituait une infraction a la direction non-ideologique que Jawad voulait donnait au debat sur cette question assez delicate de prostitution au Maroc. Entre les deux choses, la difference est enorme. Loin de moi l'idee de te coller une etiquette sur une simple assertion, ta personnalite a trop de facettes differentes pour permettre une classification aussi simpliste :)

Karim said...

P.S.

"Je n’ai pas de camp si ce n’est celui de la liberté et la dignité de chacun d’entre nous."

Hmmm! Ca sent le liberalisme, ca!!!! (Je plaisante :P ) (lol)